Tskaltubo – Géorgie – 2019
Au cœur du parc central de Tskaltubo, le Bathhouse n°5 dresse encore sa silhouette élégante, vestige d’une époque où cette petite ville d’Iméréthie était l’une des plus prestigieuses stations thermales de l’Union soviétique.
Construit en 1939 selon les plans de l’architecte Nikolaï Severov, l’édifice mêle style stalinien, ornements classiques, touches gothiques et motifs géorgiens. Il célébrait alors les bienfaits des eaux radoniques tièdes (33-35 °C) qui jaillissent ici depuis des siècles.
À l’intérieur, des cours et des cabines privées accueillaient les curistes venus soigner rhumatismes, troubles circulatoires ou nerveux.
Staline a joué un rôle important dans l’essor de la ville. Il y serait venu au début des années 1930 pour soigner des douleurs aux jambes, puis de nouveau en 1951. Le Bathhouse n°6, encore en activité aujourd’hui, a été aménagé spécialement pour lui, avec une cabine privée et une frise le représentant sur la façade. Sous son influence et pendant toute l’époque soviétique, Tskaltubo est devenu un grand centre thermal d’importance nationale.
Dans les années 1950-1980, la ville recevait jusqu’à 125 000 visiteurs par an, arrivés par trains directs depuis Moscou. Neuf bains et une vingtaine de sanatoriums formaient alors un véritable théâtre de la santé soviétique. L’effondrement de l’URSS en 1991, suivi de la guerre d’Abkhazie, a tout interrompu. Privé de ses hôtes, le Bathhouse n°5 a été abandonné. Ses carreaux jaunes et bleus se sont dégradés, la nature et le temps ont repris leurs droits. Le Bathhouse n°5 reste l’un des témoins de cette histoire complexe, un lieu où chaque fissure raconte une page de l’histoire.
Aujourd’hui, le bâtiment est en très mauvais état : plafonds fragiles, odeurs de moisissure, sols instables. Les quelques baignoires intactes rappellent encore son passé.
Autour de lui, Tskaltubo n’est pas qu’une ville fantôme. C’est une localité vivante où certains bains, comme le n°6, fonctionnent toujours.
La plupart des sanatoriums restent en ruine, même si les personnes déplacées d’Abkhazie qui y vivaient sont désormais très peu nombreuses.
Un plan de relance, « New Life for Tskaltubo », attire des investisseurs et transforme peu à peu certains bâtiments en hôtels.




























