Kopachi Kindergarten
Ville de Kopachi – Zone des 30 kms – Tchernobyl District – 2017.

Kopachi Ă©tait un petit village biĂ©lorusse (Ă  l’Ă©poque en RSS d’Ukraine) situĂ© Ă  seulement 4 km au sud-est de la centrale de Tchernobyl. Avant l’accident du 26 avril 1986, il comptait environ 1 200 habitants et possĂ©dait notamment une Ă©cole maternelle (detskiy sad n°1) qui accueillait une cinquantaine d’enfants ĂągĂ©s de 3 Ă  7 ans.

Le jour de l’explosion du rĂ©acteur n°4, les enfants de Kopachi jouaient dehors comme d’habitude. Il faisait beau, les fenĂȘtres Ă©taient ouvertes. Personne n’a prĂ©venu les habitants immĂ©diatement. Les enfants et les instituteurs ont continuĂ© leurs activitĂ©s pendant que des particules radioactives extrĂȘmement concentrĂ©es tombaient sur le village (Kopachi se trouvait sous le panache principal du nuage radioactif). Les niveaux de radiation Ă©taient astronomiques : jusqu’à plusieurs millisieverts par heure au sol (des doses mortelles en cas d’exposition prolongĂ©e). Les jouets, les lits, les petites chaises, les dessins accrochĂ©s aux murs
 tout a Ă©tĂ© contaminĂ© massivement.

Le village n’a Ă©tĂ© Ă©vacuĂ© que le 3 mai 1986 (soit 7 jours aprĂšs l’explosion), bien trop tard pour Ă©viter des doses importantes chez les enfants et les adultes. Les habitants ont Ă©tĂ© dĂ©placĂ©s de maniĂšre dĂ©finitive ; on leur a dit qu’ils partiraient « pour trois jours »  ils n’ont jamais pu revenir.

À cause de la contamination extrĂȘme du sol et des bĂątiments, les autoritĂ©s soviĂ©tiques ont pris une dĂ©cision radicale : au lieu de dĂ©contaminer Kopachi maison par maison, elles ont dĂ©cidĂ© de raser presque tout le village et d’enterrer les dĂ©bris (et mĂȘme parfois les maisons entiĂšres) sous terre. Entre 1986 et 1987, Pratiquement toutes les habitations ont Ă©tĂ© dĂ©truites Ă  la pelleteuse : on a creusĂ© d’immenses tranchĂ©es et on y a poussĂ© les maisons, les Ă©coles, les jouets, les meubles
 et on a recouvert le tout de terre. Dans le village de Kopachi, on voit encore aujourd’hui des centaines de petits monticules de terre rĂ©guliĂšrement espacĂ©s : ce sont les « tombes » des maisons enterrĂ©es. On les appelle parfois les « kourganes de Tchernobyl ».

Seuls deux bĂątiments en brique ont Ă©tĂ© prĂ©servĂ©s intentionnellement : le jardin d’enfants (detskiy sad) et les ruines d’une ancienne station de machines et tracteurs (MTS). C’est une dĂ©cision des autoritĂ©s soviĂ©tiques de l’Ă©poque, probablement parce que ces structures en brique Ă©taient plus faciles Ă  dĂ©contaminer partiellement et qu’elles servaient de « tĂ©moins » du passĂ©.

Le jardin d’enfants est donc toujours debout, abandonnĂ©, avec ses petits lits en mĂ©tal rouillĂ©s, ses poupĂ©es, ses doudous, ses chaussons d’enfants et des milliers de dessins d’enfants encore accrochĂ©s aux murs. C’est devenu un symbole fort de la catastrophe. Le contraste entre l’innocence de l’endroit et la violence invisible de la radioactivitĂ© y est glaçant 


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