Ville de Pripyat – Zone des 30 kms – Tchernobyl District – 2017.
Le bureau de poste de Pripyat était un bâtiment central et moderne, de style architectural soviétique typique, situé près de la place Lénine, sur l’avenue principale de la ville. C’était le principal centre de communications et de services postaux et télégraphiques pour les quelque 49 000 habitants de cette cité soviétique moderne.
Il a été construit dans les années 1970 dans le cadre de la fondation de Pripyat; proclamée ville en 1979 pour loger les travailleurs et familles de la centrale nucléaire de Tchernobyl.
À l’époque, c’était un lieu animé : on y envoyait et recevait lettres, colis et télégrammes. Ce bâtiment abritait des guichets postaux, une banque de cabines téléphoniques pour les appels interurbains (rares et précieux en URSS), et des services de communication.
Pripyat étant une ville modèle, privilégiée et moderne, le bureau de Poste incarnait le progrès soviétique, avec un accès relativement facile aux services postaux comparé à d’autres régions.
Dans le hall d’entrée, une fresque murale colorée emblématique ornait un des murs. Cette œuvre typiquement soviétique, propagandiste et optimiste, célébrant les thèmes de la communication humaine, de la paix, du progrès scientifique et des conquêtes spatiales de l’URSS.
Elle représente l’évolution des moyens de communication à travers les âges : des messagers antiques (avec tablette hiéroglyphique, pied ailé comme Hermès), des colombes symbolisant la paix, des citoyens soviétiques en harmonie et surtout, la supériorité technologique et l’exploration spatiale soviétique, avec des références à Youri Gagarine, des cosmonautes, des fusées et l’atome pacifique.

Lors de l’évacuation de la ville de Pripyat le 27 avril 1986, lendemain de la catastrophe nucléaire, le bureau fut abandonné en hâte : des milliers de lettres non distribuées, formulaires, enveloppes et documents officiels jonchent encore le sol aujourd’hui, figés dans le temps.
Depuis, ce lieu est devenu un symbole iconique de la ville fantôme.
La végétation envahit les lieux, la peinture des fresques s’écaille et le bâtiment en proie au gel et à l’humidité se dégrade progressivement, illustrant les conséquences durables de la catastrophe.
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