Ville de Tchernobyl-2 – Zone des 30 kms – Tchernobyl District – 2017.
Situé à 10 kilomètres au sud de la ville de Tchernobyl, l’ancienne ville militaire secrète de Duga-2 accueillait le projet militaire du récepteur du radar Duga-1 ; plus connu sous le nom de « Pic russe » (Russian Woodpecker) en raison du bruit strident et répétitif produit par ses puissantes ondes radio.
Le radar Duga-1 était un système soviétique de détection radar à l’horizon lointain (OTH) qui utilisait la réflexion des signaux sur l’ionosphère pour scruter la Terre malgré sa courbure. Le choix du site n’était pas anodin : il offrait un accès à une immense puissance électrique (jusqu’à 10 MW pour les émetteurs du radar), fournie par la centrale naissante, et une position stratégique au nord de l’Ukraine pour surveiller les lancements transatlantiques. Les premiers tests d’un prototype OTH avaient eu lieu près de Mykolaïv en 1969, prouvant la faisabilité de la détection à 2 500 km. En 1977, les travaux principaux étaient achevés, et le système est devenu opérationnel en juillet 1976. Une modernisation a été effectuée en 1982 pour corriger les distorsions ionosphériques, et achevée début 1986, juste avant la catastrophe. Il était censé servir de système d’alerte précoce pour la défense antimissile, afin de protéger l’Union soviétique des attaques de missiles balistiques américains dans le contexte de la guerre froide.
Le récepteur de Duga-1 consistait en deux antennes massives : une principale de 150 m de haut et 700-900 m de long (pour les basses fréquences), et une secondaire de 90 m de haut et 500 m de long (pour les hautes fréquences). Ces structures sont constituées de milliers de tonnes d’acier renforcé, assemblées au sol puis hissées par des grues géantes. Les tubes en acier étaient rares en URSS, causant des pénuries. L’ensemble opérait sur des ondes courtes (3-19 MHz), avec une puissance rayonnée équivalente à 10 MW, et était alimenté par des lignes d’échelle et un réflecteur de fils fins. L’émetteur était situé à environ 60 km, à Liubech-1 (près de Tchernihiv).
Malheureusement, il ne sera jamais mis en fonction. Les scientifiques soviétiques ne maîtrisaient pas pleinement le fonctionnement de l’ionosphère, condamnant ainsi le projet à l’échec avant même sa construction. Il a pourtant coûté un prix exorbitant : plus de 8 milliards de roubles soviétiques.
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